Les Rockley sont à mon goût le côté décalé de la Barbade, son deuxième visage un peu délirant, visage souvent méconnu et oublié au milieu des rhums de l’île, les Rockley 1986 et 2000 sont pourtant des rhums au profil vraiment singulier, pour lesquels j’ai personnellement un faible depuis de nombreuses années.
Je rebondis sur l’actualité car Plantation, propriétaire de la West Indies Rum Distillery est actuellement occupé à restaurer l’alambic Rockley, alambic qui rappelons-le n’est pas à l’origine de ces Rockley « style » 1986 et 2000, qui sont en réalité des reproductions de ce qui se faisait avec cet alambic, mis hors de fonction avant les années ’60. (vous me suivez?)
Les trois embouteillages testés aujourd’hui sont assez proches en terme d’âge, ce qui va rendre la comparaison intéressante, plus particulièrement entre les deux millésimes.
Rum Swedes Barbados 2000-2013 (58.8%, fût #36, 215 bouteilles)

Informations complémentaires : Ex-bourbon.
Nez: C’est assez timide, limite effacé. On a le chêne, l’olive noire, le miel, le bois brûlé, la crème vanille, l’abricot, la mangue, l’amande et des notes minérales. L’ex-bourbon est assez facilement identifiable.
Bouche: Typique du style et assez linéaire tout comme le nez, avec en plus un côté épicé/tannins très, trop présent. On retrouve le bois brûlé, l’olive noire, la vanille, le miel, la poire, la mangue, les céréales, le caramel, le goudron, le poivre blanc et le piment.
Finale: Moyennement longue. Vanille, menthe, pomme et poivre blanc.
Ce Rum Swedes parait un peu sur la retenue du début à a fin, et est également assez monolithique, pas un mauvais produit mais loin des meilleurs de ce batch également.
Score: 5/10
Cadenhead’s Blackrock 2000-2012 (59.1%)

Nez: Un peu moins timide que le Swedes. On a le miel, la fumée, le chêne, l’olive noire, la vanille, l’amande, le massepain, le beurre, l’eucalyptus, la banane trop mure, la papaye et le goudron. Le nez est assez bien fait et plus complexe que le précédent, avec un côté fermentation assez inhabituel.
Bouche: L’alcool est bien intégré, les quasi 60 degrés passent (presque) tout seuls. On retrouve la pomme, la poire, la banane, le miel, l’olive noire, la vanille, le chêne, des notes fumées, le caramel, le sucre brun, le poivre blanc, les tannins et le vernis.
Finale: Assez longue. On revient sur le combo gourmandise/notes fumées. Bois brûlé, vanille, brioche et notes florales.
Il a ma préférence dans ce duo de 2000 sans pour autant être un coup de coeur. Il est plus complexe que le Swedes, avec des notes plus fruitées que ce qu’on a l’habitude d’avoir dans ces 2000.
Score: 6/10
Bristol Classic Rum Rockley 1986-1998 (46%)

Informations complémentaires : Réduction à 46%.
Nez: J’ai la vague impression de plonger ma tête dans une ruche. C’est très gourmand et assez typique avec des notes de miel très présentes. On a les notes fumées, la vanille, la mangue, la poire, le chêne, l’olive noire, l’orange sanguine, des notes minérales, le massepain et le poivre blanc. Un vrai bonbon!
Bouche: Belle réduction, le rhum garde une texture grasse et agréable. On retrouve le miel, la vanille, le chêne, l’olive noire, la poire, le sucre brun, le poivre blanc, la poire, la fumée noire, le camphre, le charbon et quelques légers tannins. Ce ne sera pas le plus complexe de sa catégorie mais ça se boit sans soif, c’est équilibré et assez concentré pour le degré.
Finale: Moyennement longue. Bois, miel, vanille, menthe et fumée noire.
On est clairement un cran au dessus des 2000 avec un âge similaire. J’aime beaucoup ce rhum, il lui manque la complexité pour atteindre le sommet des Rockley 1986 mais il n’en reste pas moins un superbe rhum!
Score: 8/10
Comme quoi, la Barbade ne nous produit pas que des rhums ennuyeux aux arômes de coco-vanille-caramel (humour). Le Bristol sort vainqueur haut la main dans cette session, un très beau rhum du haut de ses 46 degrés. Cheers!


